Menu

Casamance : La potion Macky Sall à l'essai

  • Écrit par L'Observateur Paalga, Par Boureima Diallo
Comment pouvoir négocier avec le MFDC,  constellation de groupuscules armés dont on ne ignore la représentativité de chacun sur le terrain ?

Macky Sall, le nouveau locataire de la Présidence sénégalaise, peut-il  vraiment réussir là où ses prédécesseurs  Abdou Diouf  et  Me Abdoulaye Wade ont échoué ?

La  question vaut son pesant d’or,  tant la  crise casamançaise reste un véritable os coincé entre les dents  du Sénégal.

En tout cas, en déplacement à Zinguinchor, la capitale de la Casamance, le mercredi 27 juin 2012, le successeur de Wade s’est déclaré favorable à l’ouverture des négociations avec les chefs de guerre casamançais  tels Salif Sadio, César Atoute Badiatte  et les hommes d’Ousmane Niantang Diatta. Ce conflit, qui reste le  plus vieux  du continent  (30 ans) et qui perdure en dépit de plusieurs accords de paix jamais respectés, a fait des milliers de victimes civiles et militaires et des dizaines de milliers de déplacés et de réfugiés. Cette situation a fini  par harasser bien de personnes  et par porter  un sérieux coup au développement économique de la région, voire du Sénégal.

Pour mémoire, dès l’indépendance du Sénégal, la Casamance, ou du moins une fraction de ses ressortissants, avait rêvé d’autonomie, et le premier président du Sénégal indépendant, Léopold Sédar Senghor,  avait laissé  miroiter cette éventualité au bout de quelques années. Cependant, l’indépendance promise tardait à se concrétiser. Qui pis est, les Casamançais avaient le sentiment d’être floués de leurs terres  si luxuriantes, si fertiles, si riches, par d’autres populations, venues du nord du pays.

Les Diola, qui constituent l’ethnie principale de la Casamance, sont, dit-on, caractérisés par une grande détermination à faire face à toute puissance étrangère où considérée comme telle. C’est ce  qui les avait conduits à rejeter l’esclavage tant européen qu’africain et poussés  à se rebeller contre les tentatives de mainmise de l’administration coloniale française.

La Casamance est coincée entre la Gambie et la Guinée- Bissau, réputées instables après plusieurs coups d’Etat  successifs et des guerres civiles. Ces deux pays  ont été utilisés par le passé comme base-arrière par les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Contrairement à  Me Abdoulaye Wade, qui, aux premières heures de son accession à la magistrature suprême, s’était donné     100 jours pour résoudre ce fameux conflit et qui a finalement échoué après 12 ans d’immobilisme et de tâtonnements, Macky, lui, semble s’être donné le temps et les moyens d’action. Mais quelle  est  sa marge de manœuvre et  avec qui va-t-il négocier au juste ?

On se souvient que la première visite d’Etat  du quatrième président du Sénégal  sur le continent  a eu lieu en Gambie, et il semble que ses rapports avec le n°1 de ce pays, encastré dans le Sénégal, sont au beau fixe. S’il en est de même en ce qui concerne la Guinée-Bissau, la rébellion va manquer de base-arrière ; ce qui  n’est pas rien.

Le plus difficile pour le successeur de Wade pour parvenir à ses fins dans  ce conflit est cependant ailleurs.

Comment pouvoir négocier avec le MFDC,  constellation de groupuscules armés dont on ne ignore la représentativité de chacun sur le terrain ?

L’autre équation à plusieurs inconnues dans cette situation, c’est le fait que certains ténors, ou  considérés comme  tels, de la rébellion, à l’image de Salif Sadio,  professent qu’ils ne se satisferont de rien d’autre que l’indépendance.

Avec  toute sa  bonne volonté,  que pourrait bien proposer Macky pour combler les attentes  de partenaires si difficiles ?

Boureima Diallo



A propos de l'auteur
L’Observateur paalga
L'Obs est aujourd'hui le plus lu des trois quotidiens de la capitale burkinabé. L'essentiel de ses 16 pages est consacré à l'actualité politique nationale et régionale.
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire

Liens sponsorisés

Annonce

Mentions

Recommandations

S'identifier avec Facebook