Mali : Hollande et Condé pour une solution militaire
- Écrit par La Nouvelle Expression, Par Edmond Kamguia K.
A l'issue de sa visite officielle à Paris où il a été reçu par son homologue français François Hollande, le président guinéen Alpha condé a plaidé pour une résolution rapide de la crise politico-militaire qui sévit au Nord du Mali.
Le Chef de l’Etat guinéen Alpha Condé s’est dit très favorable à une intervention régionale contre les groupes islamistes (An Sar Dine et Aqmi) qui contrôlent le nord du Mali depuis mars dernier dans une interview accordée à Rfi. Selon Alpha Condé, des militaires sont actuellement en formation par la France en Guinée. Le Président guinéen a annoncé que son pays enverra des militaires au Mali pour soutenir les forces de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Au sujet de la destruction des mausolées de Tombouctou, il a exprimé ce qu’il a ressenti : «Beaucoup de peine, parce que vous savez, Tombouctou avait plus de bibliothèques que l’Europe au XVIe siècle. Donc c’est vraiment le symbole du passé de l’Afrique. Et c’est un crime contre l’humanité, parce que c’est un crime contre la civilisation africaine», a dit Alpha Condé.
Trois actions à mener simultanément
Son opinion sur les mouvements islamistes qui sèment la terreur dans les villes de Kidal, Tombouctou et Gao, au nord du Mali est clair : « D’abord, il faut distinguer le Mnla, qui est un mouvement identitaire avec qui on doit négocier. Et dans le cadre d’une solution dans le Mali unitaire, et avec les Touaregs. Mais il y a trois actions à mener, des actions simultanément, c’est-à-dire la sécurisation des hommes politiques au Mali, l’installation d’un gouvernement d’union nationale, et l’intervention pour libérer Gao, Tombouctou et Kidal ». Alpha Condé estime qu’il n’y a plus de temps à perdre : «Il faut aller vite (…) Ce qui sera plus compliqué, c’est d’éradiquer l’islamisme au Sahara. Mais, ce n’est pas seulement l’affaire de la Cédéao, c’est celle de toute l’Afrique (…) C’est la force proposée qui doit intervenir massivement», a-t-il dit.
Pour le chef de l’Etat guinéen, le problème malien concerne tous les pays africains : «notamment certains pays qui ont l’expérience de la lutte dans le désert, comme le Tchad», a-t-il souligné au sujet des Etats qui pourraient envoyer des troupes sur le terrain. Car : « ce n’est plus l’affaire de la Cédéao. Le Mali, c’est l’affaire de tous les Africains (…) S’il y a un Afghanistan qui s’installe au Mali, ça touche l’Europe. C'est évident que la Guinée enverra des troupes. Le Mali, c’est quand même la Guinée. Et on ne peut pas ne pas envoyer des troupes au Mali», a-t-il ajouté. Le président guinéen a déclarél’existence «des forces prédisposées (…) sur le territoire guinéen, en train d’être entraînées actuellement par le gouvernement français».
Agir pour libérer le territoire
Par rapport au Conseil de sécurité de l’Onu sollicité part la Cédéao, qui est soutenue par l’Union africaine, pour accélérer le processus d’une résolution, Alpha Condé dit que «Ce que nous attendons, c’est un soutien logistique du point de vue des renseignements et peut-être aérien, mais pas des troupes au sol. C’est nous-mêmes qui enverrons des troupes au sol». Sur sa rencontre avec le président François Hollande à l’Elysée, le président Condé a fait le point de la situation : « Nous avons dit qu’il y a deux aspects. Il y a d’abord la sécurité, il y a un gouvernement d’union nationale, tout en sécurisant les hommes politiques. Ensuite, avec les Maliens, agir dans le nord pour libérer le territoire malien. Et je pense que la France est prête à nous accompagner», a dit Alpha Condé.
Sur la position des Américains qui sont apparemment contre une intervention militaire, Alpha Condé a tenu à clarifier les choses : «Non ! Ils (ndlr, les Américains) ont dit d’abord de régler le problème à Bamako. Ce dont nous sommes d’accord. C'est-à-dire qu’il faut d’abord qu’il y ait un pouvoir à Bamako. Nous avons demandé à Yamoussoukro la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Et il faut sécuriser les hommes politiques d’abord pour ne pas aller agresser un président dans son palais ». Il a dit avoir été choqué par l’agression du président par intérim du Mali Dioncounda Traoré le 21 mai 2012 dans le palais présidentiel :
Alpha Condé a dit que « Si on peut agresser le palais, quel homme politique est en sécurité ? Les Américains disent : il faut d’abord régler le problème de Bamako et intervenir ensuite. Il faut rapidement sécuriser les hommes politiques à Bamako et mettre en place un gouvernement d’union nationale (…)», a-t-il indiqué.Le président guinéenest pour « Un gouvernement avec les partis politiques maliens ! Plus représentatifs (de) la classe politique malienne, dans ses différentes composantes». Alpha Condé a rendu visiteau président Dioncounda Traoré, bientôt de retour à bamako, après sa convalescence à Paris : «(…) On l’a laissé pour mort. C’est ça qui l’a sauvé ! Sinon, on allait l’achever ! », a conclu Alpha Condé.
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