Côte d'Ivoire : Le point sur la situation humanitaire
- Écrit par Irin
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La crise politique en Côte d’Ivoire a contraint les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) à s’adapter rapidement à un scénario qui n’avait pas été anticipé.
Des réfugiés ivoiriens font la file pour s’enregistrer à Loguato, un village du Liberia situé sur la frontière avec la Côte d’Ivoire. - Photo: Sarah Birke/IRIN
IRIN a publié une série de comptes rendus sur la crise qu’ont provoquée en Côte d’Ivoire les élections contestées de novembre 2010. Tandis que Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara revendiquent tous deux la présidence, les divisions politiques viennent aggraver le climat de violence.
Alors que les instances régionales et internationales ont à plusieurs reprises exhorté M. Gbagbo à céder la place, les sanctions et les efforts de médiation sont bien incapables de débloquer l’impasse.
M. Gbagbo et M. Ouattara ont des administrations rivales et essaient l’un comme l’autre de maximiser leurs ressources et d’isoler l’adversaire. La série de compte rendus mis à jour par IRIN examine comment les Nations Unies, les instances régionales comme l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les gouvernements occidentaux, et l’Union Européenne (l’UE), réagissent à la crise, et étudie également les conséquences du délabrement de la situation sur l’économie, les droits humains et les problèmes humanitaires.
La situation humanitaire – Aider les PDIP et les réfugiés
La crise politique en Côte d’Ivoire a contraint les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) à s’adapter rapidement à un scénario qui n’avait pas été anticipé. Avant les élections, les organisations humanitaires avaient réduit leurs opérations d’urgence et s’étaient concentrées sur les programmes de relèvement et de développement. La crise à Abidjan a cependant exacerbé les tensions existantes dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’ouest, et provoqué une nouvelle vague de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) et de réfugiés (qui se dirigent principalement vers l’ouest, en direction du Liberia). De nouveaux besoins, souvent inattendus, ont entraîné un changement de priorités et une nécessité de financement.
Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a rappelé la nécessité d’une résolution rapide de la crise. « Une action politique internationale urgente est nécessaire pour sortir de l’impasse et rétablir le calme », a dit M. Guterres aux journalistes à Genève le 10 février. « Tous les citoyens de la Côte d’Ivoire devraient se sentir en sécurité chez eux et ne plus avoir à fuir en quête de sécurité ».
L’Organisation internationale pour les migrations(OIM) a enregistré près de 82 000 personnes déplacées en Côte d’Ivoire et dans les pays voisins à la suite de la crise. Selon l’institution toutefois, il est « fort probable que les chiffres réels soient plus élevés ». On compte notamment 34 500 réfugiés au Liberia et 42 000 PDIP à Duékoué, Man et Danane, dans l’ouest du pays. Dans les deux cas, les femmes et les enfants sont surreprésentés.
L’OIM a également remarqué des mouvements de population importants en direction du Mali. Plus de 2 500 personnes auraient en effet traversé la frontière au cours des dernières semaines : plus de la moitié d’entre eux seraient des Maliens et les autres, des réfugiés ivoiriens et des ressortissants de 10 pays d’Afrique de l’Ouest. Le Burkina Faso, la Guinée et le Ghana ont tous accueilli des rapatriés et des Ivoiriens. Des groupes de défense des droits humains ont indiqué que les ressortissants des pays voisins, y compris de nombreux migrants de longue date, et les Ivoiriens portant des noms qui les identifient comme appartenant aux Malinké ou à d’autres communautés à majorité musulmane avaient été gravement persécutés pendant les violences postélectorales.
« L’expérience passée montre que nous devons nous préparer à une nouvelle crise migratoire dans la région », a dit Eugenio Ambrosi, le représentant régional de l’OIM pour la Côte d’Ivoire et les pays voisins.
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