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Emprunt obligataire : La bourse de Douala ne gagnera rien de l’opération

  • Écrit par La Nouvelle Expression, Par Hervé B.Endong
croissance afrique

D’après le président de la Commission des marchés financiers du Cameroun (Cmf), l’Etat est exonéré de tous frais d’introduction en bourse. Le collège de la Cmf avait déjà? donné le ton dans une mise au point parue dans l’édition du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune du 26 janvier 2011.

«(…) Au stade actuel de l’opération de l’emprunt obligataire de l’Etat (marché primaire) dont l’admission à la cote n’est pas encore effectuée, la Dsx n’a aucun rôle à jouer pour prétendre à une quelconque rémunération.

Quand bien même arriverait cette phase d’admission, il importe de rappeler que l’introduction des obligations du trésor en bourse se fait de plein droit et en exonération de toute charge ou frais, sur simple demande de l’Etat émetteur. Et la Cmf, régulateur et gendarme du marché, veille scrupuleusement au respect d’une tarification des opérations financières qui garantisse la compétitivité et la performance de la place financière du Cameroun », a-t-il écrit.

Le vendredi 4 février 2011, le président de la Cmf en personne revient sur cette question complexe, lors de la conférence de presse organisée en marge des travaux du séminaire d’information et d’imprégnation sur le marché financier ouverts un jour plutôt au siège du patronat, à l’initiative de la Cmf justement. Chief Théodore Edjangue est formel. Et catégorique.

La bourse de Douala ne tirera pas profit de l’emprunt obligataire de 200 milliards FCfa que vient de lancer l’Etat sur le marché financier camerounais. Comme certains autres facilitateurs tels que les prestataires qui se sont en tirés de l’opération avec un peu plus de 3 milliards, si l’on s’en tient aux propos du porte-parole du consortium de banques, chef de file de l’opération. «La bourse de Douala ne peut prétendre à une quelconque rémunération, parce qu’elle n’a joué aucun rôle. Car, on était encore au marché primaire », précise le président de la Cmf.

D’après la configuration du marché, c’est en principe au marché secondaire, après l’admission à la cote notamment, que la bourse devrait avoir sa quote-part de ce marché juteux qui a profité à plusieurs autres intermédiaires. Ceci, à travers ce qu’on appelle généralement les frais d’introduction à la bourse. Mais, Théodore Edjangue apprend également que ces frais ne seront pas payés à la Douala Stock Exchange (Dsx).

Equivoques

«L’Etat est exonéré de tous les frais d’introduction en bourse », tranche le régulateur. Concrètement, d’après le président de la Cmf, la Dsx va admettre à sa cote l’emprunt de l’Etat gratuitement. Comment donc la bourse va-t-elle fonctionner si elle ne perçoit pas ces fonds ? Comment va-t-elle faire face à certaines de ses obligations ? Chief Edjangue n’a pas abordé cette question.

En dehors de ces précisions, le président de la Cmf a levé aussi plusieurs équivoques au sujet de certaines confusions auxquelles se prêtent certains involontairement certains journalistes et autres citoyens camerounais. C’est le cas de la confusion entre le marché primaire et secondaire, la nature des prestataires de services d’investissement (Psi), la différence entre le marché financier et la bourse, l’action et l’obligation, etc.En organisant ce séminaire, la Cmf voulait ainsi donner aux principaux acteurs du marché financier (hommes de médias, professionnels, responsables publics et privés… », des rudiments nécessaires dans la perspective de les familiariser à la nature et aux mécanismes des marchés financiers.

C’est pour cela qu’elle choisi un thème général assez globalisateur, à savoir « Marchés financiers, opérations financières et informations du public ». Ce thème a été éclaté en sept sous-thèmes. A savoir, les marchés financiers : définitions, rôles et fonctions économiques, les instruments, acteurs et opérations du marché financier, la présentation du marché financier camerounais, la nature et traitement des opérations de bourse : de l’introduction au règlement-livraison, la bourse de Douala : présentation, évolution et perspective, les marchés obligataires et les bourses de valeurs et l’anatomie d’une émission obligataire.

Tous ces sous-thèmes ont été développés par plusieurs experts de renom. Entre autres, Sanda Oumarou, Louis Banga Ntolo, Martin Njanga Njoh, Mathieu Mandeng, respectivement économiste, directeur général adjoint de la Sgbc, administrateur provisoire de la Cbc, Psi et membre de la Cmf et directeur général de la Standard Bank,  Psi également.



A propos de l'auteur
La Nouvelle Expression
La nouvelle expression est un journal camerounais d'investigations et d'analyses.
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