Economie & Finance Economie Côte d'Ivoire : nouveau départ pour la filière café-cacao

Côte d'Ivoire : nouveau départ pour la filière café-cacao

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La filière café-cacao en Côte d'Ivoire amorce un nouveau virage avec l'installation officielle mardi du nouvel organe créé par le gouvernement dans le cadre de la réforme de cette filière pourvoyeuse de près de la moitié des recettes de l'Etat.

L'ancien ministre de l'Agriculture (1990-1993), Lambert Kouassi Konan, a été élu président du Conseil d'administration et l'ex présidente du Comité de gestion de la filière, Touré Massandjé, directrice générale du "Conseil de régulation, de stabilisation et du développement de la filière café-cacao".

RETOUR A LA STABILISATION

Le Conseil du café-cacao a pour mission d'assainir un secteur gangréné par plusieurs décennies de gabegie que les réformes successives ont tenté, en vain, de réguler.

La nouvelle réforme vise en priorité à assurer la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des ressources.

Il s'agit de développer une économie cacaoyère et caféière durable avec une meilleure productivité et de sécuriser le gain des producteurs.

La réforme table sur le retour du prix minimum garanti dès la campagne 2012-2013.

Elle a retenu comme mode de commercialisation externe du cacao ivoirien la vente anticipée qui devrait permettre une meilleure rémunération des paysans.

Avec plus de 1,2 millions de tonnes de fèves soit 40% de la part mondiale, la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, première source de devises du pays.

DE LA CAISTAB AUX SCANDALES FINANCIERS

De 1960 à 1999, la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles (CSSPPA, plus connue sous le diminutif de Caistab) était l'intermédiaire entre producteurs et négociants, achetant la totalité de la production à un prix fixe aux producteurs et la revendant sur le marché international.

Elle réinvestissait ensuite, par un système de péréquation, le bénéfice réalisé dans les infrastructures de développement du pays.

Elle a été longtemps présenté comme la "caisse noire" du régime du premier président ivoirien feu Félix Houphouët-Boigny par les bailleurs de fonds internationaux qui ont réclamé sa suppression.

Après la libéralisation totale de la filière en août 1999, les prix aux producteurs, désormais soumis aux lois du marché, ont chuté à près de 200 FCFA en 2000 contre 560 un an auparavant.

Pour tenter de redresser le cours du cacao sur le marché international, la Côte d'Ivoire a réduit son offre en interdisant, mars 2000, l'exportation de 240.000 tonnes de cacao "sous-grade" des petites fèves de la récolte intermédiaire.

Malheureusement, la baisse de la demande européenne en beurre de cacao, suite à l'adoption d'une directive autorisant l'introduction de 5% de matières grasses végétales dans le chocolat, contrarie l'offensive.

A la suite du coup d'Etat de décembre 1999, le général Guéï Robert, chef de la junte militaire au pouvoir, institue une " Nouvelle Caistab", simple organisme normatif et juridique chargé d'enregistrer les ventes et d'agréer les sociétés exportatrices.

A son arrivée au pouvoir en 2000, Laurent Gbagbo réalise sa promesse électorale de "rendre aux paysans leur filière".

Il crée plusieurs structures avec à la tête des producteurs ou des entrepreneurs plus ou moins au fait des mécanismes de vente sur les marchés internationaux.

Un Fonds de régulation et de contrôle du café et du cacao (FRCC) est mis en place en février 2002, la gestion de la filière elle- même étant confiée à deux autres organes : l'Autorité de régulation (ARCC) chargée de veiller au respect des règles par les opérateurs et la Bourse du café et du cacao (BCC), responsable de la commercialisation.

Dans la mouvance, un Fonds de développement des activités des producteurs de café-cacao (FDPCC) est également créé.

Dix ans après, un audit faisait en 2010 ressortir la déperdition de 300 à 400 milliards de FCFA de "l'argent des producteurs", entraînant l'incarcération des principaux responsables, les "barons", de la filière pendant plus d'un an, sans jugement, avant leur libération conditionnelle.

Le procès est prévu pour redémarrer en février.

Le Conseil du café-cacao, organe unique, vient en remplacement de toutes les structures précédentes.

Xinhua

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