Sénégal : La croissance n’a pas permis d’atténuer la pauvreté (rapport)

La première enquête budget-consommation de 1994 évaluait la proportion des ménages en dessous du seuil de pauvreté monétaire à 57,9%, alors que sur la

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La première enquête budget-consommation de 1994 évaluait la proportion des ménages en dessous du seuil de pauvreté monétaire à 57,9%, alors que sur la base d’extrapolations établies à partir du Quid 2002, l’incidence de pauvreté des ménages se situe à environ 53,9%, a indiqué Diossy Santos, auteur du rapport d’évaluation de la société civile sur le Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP).

"Les politiques macroéconomiques améliorées des programmes d’ajustement structurel des années 80 et 90 ont eu pour corollaires une meilleure performance économique", a dit Diossy Santos.

Il présentait le rapport, lundi à Saly (Mbour), au cours d’un atelier national sur la question, à l’initiative de l’ONG Action humaine pour le développement intégré au Sénégal (AHDIS), en partenariat avec la Fondation allemande Rosa Luxembourg Stiftung.

M. Diosssy a toutefois dit que "la croissance et son rythme généré par ces politiques n’ont pas contribué à l’amélioration des conditions de vie des populations, ni permis d’être à la hauteur des défis à relever pour atténuer la pauvreté", a dit M. Santos.

En termes de savoir, a expliqué l’auteur du rapport, "le Sénégal n’a pas encore réalisé l’objectif de l’éducation universelle au niveau de l’enseignement primaire, dont le taux brut de scolarisation se situe à environ 70%".

Il a ajouté que le taux global est estimé à 32% et l’analphabétisme touche plus de la moitié de la population.

Le rapport révèle que la situation des femmes sénégalaises en matière d’éducation et de formation est "préoccupante" avec un taux d’analphabétisme de plus de 70%, contre 48,9% pour les hommes.

Quant aux indicateurs de santé, ils demeurent "en deçà des recommandations" de l’OMS. Même si le Sénégal est cité comme pays de référence en Afrique, en termes de lutte contre le VIH/Sida, le système de santé, dans son ensemble, "fait face à de graves contraintes", selon le rapporteur.

"On note la recrudescence des endémies locales et la malnutrition touche de plus en plus les populations notamment les plus vulnérables, à savoir les enfants, les femmes, les handicapés, entre autres", a souligné Diossy Santos.

D’après le rapport, les conditions d’hygiène individuelle et collective et d’assainissement précaires du milieu et les carences alimentaires sont responsables de la dégradation de l’état de santé des populations.

"En matière d’accès à l’eau potable, l’objectif visé par le Sénégal est d’atteindre, le plus tôt possible, les recommandations de l’OMS, soit 35 litres par habitant et par jour. Actuellement, les populations disposent de 28 litres par habitant et par jour", mentionne le document.

En termes de pouvoir, le rapport signale que les pouvoirs et les groupes vulnérables continuent d’être exclus du processus démocratique. "Les inégalités de pouvoir et d’influence politiques sont considérables. Ce qui fait qu’il arrive que les élites qui détiennent l’autorité ne fassent preuve que d’un intérêt de façade pour les pauvres ou les ignorent tout à fait", explique l’auteur du rapport.

Le document indique également que les processus d’élaboration des politiques sont "parfois opaques, non utilisables ou imperméables à l’influence d’un dialogue reposant sur des données concrètes et les responsables de l’élaboration des politiques ne sont pas assez comptables des intérêts des pauvres".

"C’est à cet effet qu’au cours des dix dernières années, les politiques de développement ont été fortement recentrées sur la lutte contre la pauvreté", poursuit le document.

Entré dans le processus en juin 2000, dix ans après, le Sénégal a mis en œuvre deux SRP à travers deux DSRP. Leur vocation a été de promouvoir la participation de l’ensemble des groupes sociaux à la planification, en vue d’un consensus autour des grands objectifs nationaux de développement.

Le premier DSRP (2003-2010) a été un instrument de mobilisation des ressources et de recentrage des actions de développement de l’Etat autour d’objectifs se voulant clairement définis, assortis d’indicateurs de performance et d’impact.

Le gouvernement du Sénégal s’est ensuite engagé dans la mise en œuvre de son deuxième DSRP intitulé, cette fois-ci, Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSCRP).

Celui-ci s’étale sur la période 2006-2010, avec le soutien des partenaires techniques et financiers, des collectivités locales, du secteur privé et des principales organisations de la société civile.

Ce document de deuxième génération associe la stratégie de réduction de la pauvreté à celle d’une croissance accélérée.

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ADE/AD

Agence de Presse Sénéglaise
Auteur: Agence de Presse SénéglaiseSite web: http://www.aps.sn
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