Université panafricaine : ouverture en octobre avec trois des cinq instituts régionaux

etudiants black

Une mission conjointe de l’Union africaine (UA) et de Swedish International Development Cooperation Agency (SIDA, en français Agence suédoise de développement de la coopération internationale) a séjourné la semaine écoulée à Yaoundé pour la mise en place au Cameroun d’un des pôles régionaux de l’Université panafricaine (UPA) en création.

"C'était la première rencontre entre l'Union africaine, SIDA, les universités de Yaoundé I et II pour l'établissement et le lancement de la 'feuille de route' de l'institut de gouvernance et des sciences humaines et sociales de l'Université panafricaine", a expliqué à Xinhua le Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé, vice-doyen chargé de ce projet à l'Université de Yaoundé II.

Associée à celle de Yaoundé I localisée non loin du centre-ville, l'Université de Yaoundé II, située pour sa part à Soa, une banlieue à une quinzaine de kilomètres de la capitale camerounaise, est l'un des campus universitaires du continent désignés pour abriter les structures de l'Université panafricaine, un projet adopté par la Conférence de l'Union africaine des ministres de l'Education (COMEDAF) en novembre 2009 à Mombassa au Kenya.

Pour le compte de l'Afrique centrale, un institut dédié à la gouvernance et aux sciences humaines et sociales y est notamment en train de voir le jour. Au même titre que ceux consacrés, d'une part pour l'Afrique de l'Est, aux sciences fondamentales, à la technologie et à l'innovation à Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology à Nairobi au Kenya, et d'autre part pour l'Afrique de l'Ouest, aux sciences de la terre et de la vie (y compris la santé et l'agriculture) à l'Université d'Ibadan au Nigeria.

Sur les 5 prévus, ce sont les trois instituts régionaux de l'UPA annoncés pour débuter leurs activités lors de la prochaine rentrée universitaire 2012-2013. "L'Université panafricaine est maintenant née et nous avons prévu le projet pour démarrer sur cinq instituts, un institut dans chacune de nos régions. Aujourd'hui, nous sommes prêts à démarrer effectivement trois des cinq instituts au mois d'octobre prochain", a récemment affirmé à Xinhua le commissaire de l'UA pour les ressources humaines, la science et la technologie, le Pr. Jean-Pierre Ezin.

"En octobre, il y aura des étudiants dans l'institut à Yaoundé, dans l'institut d'Ibadan et dans l'institut de Nairobi. Et l'importance de ce sommet pour nous, c'est que le sommet adopte les statuts de l'université qui constituent en réalité le règlement intérieur qui va organiser le processus de recrutement des enseignants et des étudiants", a-t-il ajouté dans un entretien lors du dernier sommet de l'UA fin janvier à Addis Abeba, siège de cette organisation continentale dans la capitale éthiopienne.

Chacun de trois établissements accueillera 300 étudiants boursiers, choisis sur la base d'une sélection qui se veut rigoureuse. "Le niveau de recrutement, c'est ce que nous appellerions dans le système LMD (licence, master, doctorat, ndlr) que les pays francophones sont en train d'expérimenter. On recrute des étudiants qui sont déjà titulaires de master 1. Donc, ils vont faire le master 2 dans nos universités et compléter par le PhD", a précisé le Pr. Ezin.

"Au moment où nous allons lancer le recrutement pour les étudiants et les enseignants, nous lancerons aussi la compétition pour identifier dans certains pays, les pays qui le souhaitent, ce que nous appelons des centres satellites. A chacun des instituts, il peut être rattaché une dizaine de centres satellites. Si quelqu'un a un centre qu'il estime performant en termes d'agriculture ou en termes de médecine, ou en termes d'études des sciences des mines, il peut solliciter à être rattaché à un centre satellite", a-t-il en outre indiqué.

En résumé, l'UPA sera simplement "une université avec cinq instituts régionaux qui sont comme des facultés auxquels sont rattachés jusqu'à une cinquantaine de centres satellites isolés dans différents pays du continent. Tout ce modèle aura un rectorat logé quelque part. Donc, le processus de recrutement du recteur aussi va démarrer immédiatement, le processus aussi pour savoir dans quel pays va être le rectorat. Ça aussi, ça va être une autre lutte politique que nous laissons aux Etats membres".

Pour le financement, 6 sources ont été identifiées : la Commission de l'UA, les pays abritant les instituts et les centres relevant de l'UPA, des partenaires thématiques principaux et autres partenaires au développement, l'autofinancement généré par les activités de recherche et les frais de scolarité, les contributions volontaires des Etats membres puis les contributions volontaires des secteurs industriel et privé.

Par ailleurs, un Fonds de dotation est prévu pour mobiliser les ressources financières et assurer leur pérennité.

Concernant l'institut de la gouvernance et des sciences humaines et sociales, pour l'heure trois contributeurs sont déclarés : l'Etat camerounais (pour le compte des deux universités concernées) pour un tiers des ressources requises, l'UA pour un tiers et Swedish International Development Cooperation Agency pour un tiers aussi. Une dotation de 140 millions de francs CFA (280 000 USD) a d'ores et déjà été mise à disposition par le ministère de l'Enseignement supérieur, a appris Xinhua.

L'UPA est appelée à dispenser aux jeunes Africains des formations pointues afin de répondre aux enjeux et défis du monde globalisé. "Il y a deux préoccupations majeures dans la pensée même de l'Université panafricaine. Un, nos meilleurs étudiants, parce qu'il y en a, dès qu'ils finissent le premier cycle ou même le second cycle parfois, partent à l'extérieur parce que les conditions de formation, je suis désolé de le dire, sur le continent, les conditions de recherche, les conditions d'intégration de l'enseignement à la vie active, ne sont pas adéquates pour la vie moderne", a noté le Pr. Ezin.

Pour la deuxième préoccupation, "l'université, c'est aussi un foyer pour promouvoir le développement local. Or, nos universités sont comme étrangères aux milieux dans lesquels elles sont supposées être implantées. D'ailleurs, dans les milieux universitaires on dit souvent que les universités sont dans une tour d'ivoire. Ce n'est pas peu dire. Donc, nous voulons briser ça pour que l'Université panafricaine constitue vraiment un lien entre l'industrie et la société civile, d'une façon générale l'administration, le secteur privé et l'université".

Au nom de l'Afrique du Nord, l'Algérie sera plus tard le pays hôte de l'institut des sciences de l'eau et de l'énergie, y compris du changement climatique. Destiné à l'Afrique australe, l'institut des sciences de l'espace reste le seul non encore être attribué à un pays.

Xinhua
Auteur: XinhuaSite web: http://french.news.cn
Xinhua, communément appelé Agence Chine nouvelle est la plus grande et la plus ancienne des deux agences de presse nationales chinoises.


Suivre Next-Afrique

Newsletter

Le Best-of Mensuel de l'Afrique qui pense qui crée et qui innove !

Rejoignez-nous :



Dans les Blogs