Menu

Amadou Boubacar Cissé, ex-PM Nigerien : "Pour éviter un coup d’Etat, il faut créer les conditions de sérénité"

  • Écrit par L’Observateur paalga
Amadou Aboubacar Cissé

«(...) Il y a eu beaucoup de contingences qui nous ont gêné et qui ont fait que nous avons enregistré cette mauvaise performance. »

Limogé manu militari en 1997 de son poste de Premier ministre par le général Ibrahima Baré Maïnassara (IBM) pour €œincompétence €, Amadou Aboubacar Cissé était retourné à la Banque mondiale où il officiait. A la faveur de la lutte contre le Tazartché, il a ravivé son parti, l'Union pour la Démocratie et la République (UDR)-Tabbat, et obtenu 1% à la présidentielle et 6 députés à l'Assemblée nationale. Dans ce bref entretien, il revient sur le scrutin du 12 mars dernier et se dit prêt à entrer au gouvernement pour apporter sa pierre à l'enracinement de la démocratie.

Depuis votre passage du temps du président Ibrahima Baré Maïnassara, comme Premier ministre, vous apparaissez sur la scène politique par éclipses...

J'avais interrompu ma carrière à la Banque mondiale pour venir travailler aux côtés du président Baré en 1996-1997, paix à son âme. Après cette fonction, effectivement, je me suis reconsacré à la vie internationale. Véritablement, je suis revenu au Niger après ma retraite en 2008 et à la politique par la force des choses. Le Tazartché de Tandja nous a mis en première ligne, car il fallait du courage pour y faire face. J'ai réactivé le parti qui existait et qui date depuis mon passage à la primature.

Concrètement qu'est-ce que l'UDR-Tabbat a effectué comme action contre le Tazartché ?

Avec le PNDS de Mahamadou Issoufou, la CDS-Rahamane de Mahamane Ousmane et Lumana de Hama, il fallait mener un certain nombre d'actions pour barrer la route au Tazartché tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Niger. J'ai eu personnellement à conduire la période de négociation avec le régime de Tandja. Et Tabbat s'est distingué dans d'autres luttes pour l'enracinement de la démocratie.

Votre parti a eu 1% à cette présidentielle, d'aucuns estiment que vous auriez pu vous saborder dans le PNDS pour donner plus de tonus à Mahamadou Issoufou ?

Je crois que le score actuel ne reflète pas la véritable assise du parti. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de contingences qui nous ont gêné et qui ont fait que nous avons enregistré cette mauvaise performance. Mais je crois que les mois à venir, le parti va prouver qu'il représente quelque chose au Niger. Pour les échéances à venir, l'assise, qui s'est confirmée sur l'ensemble du territoire et le nombre de députés à l'Assemblée que nous comptons améliorer montreront réellement qui nous sommes.

Je ne sais pas si on doit se saborder dans le PNDS, toujours est-il que nous partageons les mêmes idéaux. Nous espérons que l'action gouvernementale que nous espérons mener ensemble épousera ces idéaux ; c'est-à-dire privilégier l'intérêt général. Servir le pays et non pas se servir, ce n'est pas un mot galvaudé au Niger.

Seriez-vous prêt à entrer au gouvernement ?

Nous avons mené cette lutte ensemble. Il y a une page qu'il faut segmenter au Niger et toutes les compétences sont conviées à participer à cette tâche.

La VIIe République est-elle à l'abri d'un coup d'Etat ?

Nous l'espérons. Mais ce sont les actions du gouvernement qui doivent travailler à éviter ces choses- là. Créer les conditions de sérénité et de confiance pour éloigner ce genre de menace, telles est, à mon avis, la solution pour éviter une telle situation. C'est une situation qui est très fragile d'ailleurs et qui nécessite qu'on se mette ensemble pour faire face aux exigences de nos populations. Il faut un gouvernement de combat pour le Niger.

Propos recueillis à Niamey parZowenmanogo Dieudonné Zoungrana (L'Observateur Paalga).



A propos de l'auteur
L’Observateur paalga
L'Obs est aujourd'hui le plus lu des trois quotidiens de la capitale burkinabé. L'essentiel de ses 16 pages est consacré à l'actualité politique nationale et régionale.
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire

S'identifier avec Facebook