Le Nigeria, première nation africaine à gérer un satellite européen : Décryptage et bénéfices

Le Nigeria est entré dans l'histoire du marché mondial de la technologie spatiale en devenant le premier pays d'Afrique sub-saharienne à gérer un satellite étranger.

Cet événement est la conséquence de la victoire de l'entreprise publique nigériane Nigerian Communications Satellite (NigComSat) à un appel d'offre international pour la gestion des mises à l'essai en orbite et la surveillance technique du satellite de télécommunications biélorusse Belintersat-1.

L'opération a débuté le 16 janvier 2016, date officielle du lancement du satellite Belintersat-1 en Biélorussie. Elle va s'étendre sur une période de 15 ans. Adamu Idriss, directeur des affaires publiques de NigComSat, a confié que l'appel d'offre a été un exercice très disputé entre le Nigeria et d'autres soumissionnaires avec plus de 20 ans d'expérience dans la gestion de satellite.

« Le Nigeria a remporté l'offre grâce à la grande capacité de son installation au sol au sein de la base NigComSat d'Abuja, à ses ressources humaines, et à la confiance que le géant chinois China Great Industries Corporation (CGWIC), fabricant du satellite, a en NigComSat. »

Danjuma Ndihgihdah, directeur général des opérations satellitaires de NigComSat

Par cet exploit, le Nigeria devient la première nation africaine à participer à la scène internationale comme acteur majeur de la technologie de l'espace. Pour Adama Idriss, cela représente une étape importante pour le pays et une manifestation claire que le Nigeria à travers NigComSat a développé la capacité de fournir des services hautement techniques dans l'industrie des communications par satellite.

 

Fort de ce succès, le Nigéria, qui gère son programme spatial depuis 10 ans, ne compte pas s'arrêter là selon la direction de NigComSat. La compagnie, qui avait lancé avec succès NigeriaSat-X et NigeriaSat-2, deux satellites d'observation conçus notamment pour aider les agriculteurs et améliorer la gestion des catastrophes, se donne pour objectif le lancement de deux satellites dans les cinq prochaines années afin de consolider la position du Nigeria en tant que première puissance spatiale africaine.

Un levier pour renforcer la croissance économique et le développement

« En tant qu'organisation, nous nous engageons à utiliser les ressources satellitaires du pays pour développer la plateforme d'infrastructures nécessaire à un développement économique global. », affirme Adamu Idris.

En effet, les avantages sont multiples. Le Nigeria devrait encaisser des recettes de 400 000 dollars US par an tout au long des 15 années de contrat avec la Biélorussie. Cela devrait non seulement créer de l'emploi mais aussi permettre au pays de former davantage d'ingénieurs nigérians. Ce contrat devrait en outre ouvrir plus de portes au Nigeria dans le domaine spatial international.

L'entreprise nigériane qui assure également l'exploitation commerciale du satellite, fournit, en plus de ses services traditionnels de location de satellites, des services à large bande, des solutions d'entreprise complètes, des services de communications sécurisées et bien plus encore dans tout le Nigeria et à travers 35 autres pays africains comme le Gabon, la Côte d'Ivore ou le Ghana. La directrice générale de NigComSat, Abimbola Alale, a en effet précisé que le satellite biélorusse fonctionne sur les bandes Ku et C qui couvrent certaines régions d'Afrique et même d'Europe.

« Nous assurons sa veille technique. Mais nous fournissons aussi des services liés à Internet grâce à lui. Donc notre objectif est double », explique Danjuma Indihgihdah.

Andrei Yanovich, le représentant de la Biélorussie, a noté que la coopération entre le Nigeria et son pays, aidera la Biélorussie à renforcer ses capacités dans la communication par satellite. Il a confirmé que la Biélorussie est prête à explorer davantage les possibilités de commercialisation en Afrique, grâce à la collaboration avec NigComSat.

Marc-Olivier Kassy

Marc-Olivier Kassy

Analyste sur Nextafrique.com.

Titulaire d'un master de communication, Marc-Olivier travaille à Paris comme chargé des relations extérieures au sein d'une société audiovisuelle. Il est passionné d'actualités et aime particulièrement connaître les vraies histoires derrière les annonces furtives.

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