Victor Fotso: le milliardaire camerounais self made man

victor fotso

Tout le monde vous le dira, pour devenir riche une des règles d’or est de commencer tôt. Cette règle, Victor Fotso l’a appliquée. Victor Fotso est né en 1926, dans la province de l’Ouest du Cameroun. Il a consacré une grande partie de sa vie à bâtir un empire industriel, immobilier et bancaire.

Tout le monde vous le dira, pour devenir riche une des règles d’or est de commencer tôt. Cette règle, Victor Fotso l’a appliquée. Victor Fotso est né en 1926, dans la province de l’Ouest du Cameroun. Il a consacré une grande partie de sa vie à bâtir un empire industriel, immobilier et bancaire.

A l’age de 7 ans, son père le choisit parmi tous ses enfants pour lui apprendre les règles du marché. C’est au milieu des étals de bananes et de manioc de son père que Victor Fotso apprend les rudiments du commerce, de la négociation et de l’équation d’équilibre entre l’offre et la demande. Sa nature assez solitaire, le poussait à l’observation et à la découverte. Ce tempérament le poussa à aller découvrir ce qui se passait au-delà du cercle familial et de son village.

Un des plus grands rêves du jeune Victor Fotso était de devenir intellectuel. Fotso qui s’était fâché contre ses parents qui refusèrent de l’envoyer à l’école des blancs, allant jusqu’à quitter la maison familiale, découvrit plus tard que « l’école n’était pas faite pour lui ».

Durant le peu de temps durant lequel il est resté à l’école, Fotso n’a jamais abandonné sa première vocation, le commerce. Il vendait à ses camarades ou dans la rue, pendant les congés, des arachides qu’il faisait grillé, du manioc et les babioles qu’il confectionnait.

Aujourd’hui Fotso, jadis un petit commerçant de brousse comme beaucoup de ses frères bamilékés est devenu un des hommes les plus riches d’Afrique.

Fotso fait ainsi partie de la « première génération d’entrepreneurs bamiléké » dont parle Jean-Pierre Warnier. Celle-ci est constituée des cadets migrants, nés et socialisés au village en contexte inégalitaire. Ils sont allés en ville ou dans les zones de plantation à un âge relativement précoce (entre 10 et 20 ans).

Leur bagage scolaire est inexistant ou réduit à quelques années d’enseignement primaire. Rares sont ceux qui possèdent le certificat d’études primaires élémentaires. Ils ont commencé par occuper des petits métiers de rue (marchands ambulants, laveurs de taxis, porteurs d’eau), tout en menant une existence austère. Ils ont constitué un capital grâce à une tontine qui leur a fourni soutien moral, conseil en affaires, et moyen de résister aux demandes des parents. Leur participation à une tontine dépend moins de leurs gains nets que de la régularité de ceux-ci.

Autour de la trentaine, ils ont contracté une union avec une femme partageant leurs capacités et leurs aspirations. Dès lors les revenus de l’épouse pourvoient aux besoins de la maison et ceux de l’époux sont réinvestis dans l’immobilier de location, le commerce, le transport, etc. Au cours de la période de prospérité qui va de 1955 à 1986, l’accumulation a pu être réalisée très rapidement.

Victor Fotso prend place à la veille de l’indépendance parmi les acteurs importants d’un secteur dominé à l’époque par des négociants grecs et les anciens comptoirs français.

En 1956, il s’offre le premier centre commercial « à l’européenne », en plein centre de Mbalmayo, une commune de ce qui deviendra la banlieue sud de Yaoundé. Ses affaires prospérant, il se diversifie après 1960 dans les transports et, en association avec le français Pierre Castel, le patron des Brasseries et Glacières Internationales (BGI), dans l’importation de vins et spiritueux. Quelques années plus tard, un autre français, Jaques Lacombe, alors directeur général de la Société Industrielle et Forestière des allumettes (SIFA), une filiale de la compagnie du midi, lui ouvre les portes de l’industrie. Avec l’aide de ce polytechnicien, disparu en 1996, Victor Fotso étendra progressivement ses activités.

Propriétaire en 1970, de la modeste Société de fabrication de cahiers (SAFCA), il se trouve un quart de siècle plus tard, à la tête d’une dizaine de sociétés dans les domaines les plus variés : piles électriques (PILCAM), hôtellerie (Ibis Douala), allumettes (Unalor et CIS), emballage (Fabasem), chimie (Fermencam), agro-industrie (Proleg), alimentation (SOPRAL) e, et depuis 1997, la Commercial Bank of Cameroon (CBC-Bank), le premier établissement indépendant de la place créée avec l’assistance technique du Crédit Commercial de France (racheté par HSBC).

Aux nombreux étrangers qui cherchent à comprendre le secret de son ascension, Victor Fotso répond invariablement par cette phrase qui figure en épilogue de son ouvrage autobiographique publié à compte d’auteur en collaboration avec Jean Pierre Guyomard, « Le chemin de Hiala », Paris, Editions Septembre, 1994 :

« Le jour où mon père me tendit la main pour m’amener à Hiala (un marché des alentours de Bandjoun), j’eus le sentiment qu’il ouvrait la porte de mon destin, que la route serait dure, mais qu’elle était la seule et qu’elle valait tous les sacrifices (…).

Lorsque quarante ans après, dit-il modestement, des diplômés de grandes écoles de commerce sont venus m’expliquer avec une certaine condescendance les mécanismes du marketing, la silhouette longiligne de mon père, déambulant sur le marché de Hiala, me revint en mémoire. Et je compris toute l’importance de ce qu’il m’avait légué. »

Auteur: Publication Externe

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