Un fonds pour commercialiser les idées scientifiques africaines
- Écrit par Scidev, Version française : Next-Afrique
Les micro-entrepreneurs africains doivent contribuer à la commercialisation des idées des scientifiques : c’est ce qu’affirment les initiateurs d’un fonds qui se propose de les aider dans cette démarche.
La Commission économique des nations unis pour l'Afrique (CEA) a lancé un fonds permettant de transformer les idées scientifiques en entreprises à succès. Le fond africain pour la science, la technologie et l'innovation (ASTIEF) a été lancé lors de la deuxième conférence sur la science en l'Afrique les 23-25 juin derniers à Addis-Abeba, en Éthiopie.
« Il vise à motiver les inventeurs et les innovateurs et stimuler le développement des industries durables et des entreprises du continent », selon Aida Opoku-Mensah, directeur des TIC, des sciences et de la technologie à la CEA, qui a organisé la conférence. «L’action du Fonds sera de contribuer à traduire la recherche scientifique et les idées en micro-entreprise pour stimuler la croissance socio-économique sur le continent.», a déclaré Opoku-Mensah à SciDev.Net.
Selon elle, alors que les chercheurs et d'autres ont beaucoup d'idées, ils ne savent pas comment les traduire dans l'entreprise. Opoku-Mensah a ajouté que l'Afrique a aussi besoin des biens et services issus de la science appliquée. « Un manque de financement », dit-elle, « a également nui à transformer les résultats de la recherche en produits commerciaux viables. »
« ASTIEF », précise-t-elle, « permettra de financer et de soutenir les individus entreprenants ainsi la recherche et le développement (R&D), et d’en mettre leurs produits sur le marché. Il fera également le lien entre la R&D et l'industrie. » Le fonds - qui sera géré par la CEA - a reçu 500.000 dollars de la part d’organisations africaines, en particulier du secteur privé, selon Opoku-Mensah. Mais elle refusa de préciser les noms des donateurs et de révéler la taille cible du fonds.
Un comité sera désormais formé pour gérer le fonds et les appels d'offres, ajoute-t-elle. Les délais n'ont pas encore été fixés. Oye-Ibidapo Obe, président de l'Académie des sciences du Nigeria, a salué cette initiative de premier fonds en Afrique dans lequel même le secteur privé serait directement appelé comme soutien à l'innovation scientifique. « Cela va créer un effet de débordement au niveau national pour la science et la technologie », dit-il.
Sanoussi Diakité, de l'Association sénégalaise de promotion des inventions et des innovations, a déclaré qu'avoir un tel fonds est très bien mais que la CEA devra éviter d'être noyé dans la bureaucratie et l'inefficacité qui, selon lui, caractérisent ce genre d’initiatives en Afrique. « L'administration [du Fonds] doit faire attention à ne pas s'impliquer dans des processus longs qui pourraient le détourner des objectifs qu’il s’est fixé. », dit-il.
« Une exploitation transparente et une distribution rapide des offres soumises seront capitaux. »
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