Menu

Corruption : Vice ou vertu ?

  • Écrit par Kabir Tazzi
corruption

Le sujet de la corruption a été d’un grand intérêt et concerne le monde entier, mais plus spécifiquement ses effets sur le développement économique et politique dans le monde en développement. Le concept de la corruption a été défini comme des actions par les fonctionnaires (public) du gouvernement abusant et allouant mal les fonds publics, et l’abus de pouvoir pour obtenir des gains privés.

Le sujet de la corruption a été d'un grand intérêt et concerne le monde entier, mais plus spécifiquement ses effets sur le développement économique et politique dans le monde en développement. Le concept de la corruption a été défini comme des actions par les fonctionnaires (public) du gouvernement abusant et allouant mal les fonds publics, et l'abus de pouvoir pour obtenir des gains privés.

En Afrique, la corruption continue d'être perçue comme pernicieuse et immorale. Ces dernières années, sous la sagesse conventionnelle, l’accent a été mis sur la lutte contre la corruption qui demeure l’une des causes majeures du sous-développement. Mais selon les spécialistes révisionnistes, la corruption a ses propres mérites et sa corrélation positive avec le développement économique devrait être réexaminée.

Pour stopper la corruption, l'Afrique devrait s'inspirer des exemples mondiaux pour comprendre pourquoi, comment et quand la corruption doit être considérée comme négative ou relativement acceptable. Cet article se concentre sur la région Asie de l'Est pour expliquer le parallélisme entre la corruption et le développement économique en mettant en avant les arguments conventionnalistes et révisionnistes.

La corruption et ses effets a été expliqué par J.S. Nye dans son article « Corruption et Développement: une analyse coût-avantages » (J.S. Nye, 1967). Si les moralistes affirment que la corruption affecte négativement le développement politique et économique, les révisionnistes soutiennent que la corruption est une panacée pour le développement économique, l'intégration nationale et l'amélioration de la capacité gouvernementale.

{japopup type="image" content="http://www.lanouvelletribune.info/images/stories/carte_ipc_2010_v2.jpg" width="700" height="380" title="Index 2010 de la perception de la corruption de l’ONG Transparency International (TI)" }corruption TIIndex 2010 de la perception de la corruption de l’ONG Transparency International (TI) | Cliquer pour agrandir{/japopup}

Comment la corruption peut apporter des résultats positifs dans le monde en développement?

Ci-dessous une discussion sur les effets de la corruption sur la base de différents points de vue scientifiques de l'Asie de l’Est.

Les révisionnistes pensent que la corruption économique a des effets positifs sur le développement. Cela peut être sous forme de formation de capital, l'entreprenariat et la flexibilité dans les bureaucraties économiques. Cela est vrai en Asie. En Chine par exemple, la corruption aurait augmenté au cours de la période de réforme, avec un effet négatif inférieur à sa croissance économique. En comparant la façon dont la corruption a été moins destructrice en Chine qu’en Russie, Yan Sun a noté dans La Réforme, l'État et la Corruption (Yan Sun, 1999) que les fonctionnaires avaient été soudoyés par des acteurs non étatiques pour induire des politiques favorables afin de mener à bien leurs activités économiques. Le montant de l'intéressement des acteurs privés a eu un effet moins nocif et a entraîné de bons résultats sociaux tels que la réinvestissement de l'argent de la corruption dans l'économie.

Contrairement à l'Afrique où les ressources obtenues grâce à la corruption sont généralement extraites en dehors du pays par des fonctionnaires du gouvernement dans leurs « comptes suisses », en Chine, cet argent est réinvesti dans le pays afin de générer plus d'activités économiques. Par conséquent, la question est de savoir où vont les ressources obtenues par la corruption (responsabilité)?

Un autre mérite de la corruption peut être déterminé par la répartition de puissance entre les réseaux patron-client dans lesquels les opérations de corruption sont menées. Mushtaq Khan dans L'implication efficiente de la corruption (1996) note que la répartition de puissance entre réseaux patron-client dans lesquels les opérations de corruption sont menées doivent être pris en considération dans le résultat positif de la corruption. Dans le cas de la Corée du Sud ou de l’Asie de l'Est, la corruption dans les secteurs tels que Hyundai, Samsung, Daewoo et Lucky Gold star, a été utilisé pour éviter ou atténuer les impôts et par conséquent a amélioré la compétitivité, l'efficacité et le renforcement de l'économie.

Politiquement, les révisionnistes pensent que la corruption peut conduire à l'intégration nationale. Cela a créé une suite de liens étroits ou de relations entre les élites et les responsables gouvernementaux (relation patron-client). Les néolibéraux comme John Gerring et Strom Thacker affirment que les politiques néolibérales peuvent aider à décourager la corruption en réduisant les interventions étatiques dans l'économie (John Gerring et Strom C. Thacker, 2005).Cela n'a pas été le cas dans les pays démocratiques d'Asie de l’Est, comme le Japon. Dans son papier Corruption et Confiance (Eric Chang et Yun-han Chu 2006), les impacts négatifs de la corruption ont été neutralisés en Asie de l'Est grâce aux politiques culturelle et électorale. Au Japon par exemple, les militants de pork barrel ont joué un grand rôle dans l'intégration harmonieuse des paysans et des politiciens en quête de votes. La corruption politique a donc servi pour graisser la machine bureaucratique et les élites. La corruption politique au cours du processus de démocratisation dans les pays d'Asie comme la Corée du Sud, les Philippines et le Japon a encouragé la participation politique ainsi qu'un environnement politique stable et contraignant.

Enfin, les révisionnistes affirment que la corruption joue un rôle important en tant que moyen d'accroître la capacité gouvernementale. Ce serait sous forme de finances,d’ aide aux gouvernements pour promouvoir des partis et la démocratie et d’utilisation de cet argent pour stimuler l'économie. Xiaobo Lu dans Le socialisme du-Butin (Xiaobo Lu.2000) explique que, grâce à la corruption de l'organisation, les gouvernements utilisent les organismes d'État pour réaliser des gains monétaires ou matériels par le monopole. Par exemple en Chine, l'État agit soit comme un promoteur indépendant de l'économie locale ou comme un collaborateur des entreprises locales ou comme un entrepreneur lui-même directement impliqué dans un but lucratif.

Malgré les avantages ci-dessus que les révisionnistes voient dans la corruption, ils sont d'accord sur le fait que la corruption aura toujours des effets négatifs sur le développement de l'Etat. Économiquement, elle mettrait en péril l'investissement étranger, conduirait à un gaspillage des ressources telles que la fuite des capitaux et l'instabilité politique en violant les principes fondamentaux de la bonne gouvernance tels que la responsabilité, l'égalité et l'ouverture comme en témoigne la plupart des pays en développement.

En résumé, comme expliqué brièvement ci-dessus, dans le processus de l'élaboration des états de l'Asie de l’Est, la corruption a pu encourager des résultats positifs en termes de développement économique et politique. Toutefois, les arguments ci-dessus ne sont pas à prendre séparément d’autres facteurs comme le rôle des institutions étatiques et de la culture. Par conséquent, dans des conditions où les institutions étatiques sont faibles avec une culture anti-corruption, l'inverse est vrai. La corruption n’y produirait que des effets négatifs sur la société.



A propos de l'auteur
Kabir Tazzi
Journaliste politique indépendant, Kabir a rejoint la communauté Next-Afrique en janvier 2011.
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire

Liens sponsorisés

Annonce

Mentions

Recommandations

S'identifier avec Facebook