Jouer avec la morale en politique : Le cas du Sénégal.

Le Parti Démocratique Sénégalais continue de nous administrer des leçons pleines d’enseignements politiques, culturels et psychosociologiques à travers ses mobilisations toujours réussies de fort belle manière depuis  le 23 avril 2013.

Churchill  disait :

Le politicien pense à la prochaine élection, l’homme d’Etat à la prochaine génération.

Le Parti Démocratique Sénégalais continue de nous administrer des leçons pleines d’enseignements politiques, culturels et psychosociologiques à travers ses mobilisations toujours réussies de fort belle manière depuis  le  23 avril 2013.

Trois mille (3000) voix,  rien que dans les rues de Dakar, scandant « libérez KARIM ! » constituent la preuve par la foule des marcheurs que ce parti d’opposition est bel et bien la première puissance politique du Sénégal…Une puissance officialisant dans une démonstration de faiblesse politique la dévolution monarchique- au moins à la tête du Parti libéral-que même  Maître Ablaye WADE avait eu des scrupules à exprimer clairement. Ainsi donc le candidat proclamé du PDS à l’élection présidentielle de 2017, Karim Meïssa WADE, serait un otage politique qu’il faut libérer !?

Afin de légitimer la manifestation, on a cru plus stratégique d’y greffer- dans une optique de crédibilisation politique- la dénonciation de la cherté de la vie ; cette vie qu’on doit bien aux  12 précédentes années de régime libérale. Le PDS a mis en lumière la subjectivité de l’engagement politique des sénégalais qui ne défendront que difficilement des idées ou principes. Les leaders politiques cultivent dans leur champ de prédilection le sentimentalisme, l’irrationalisme et l’occultisme (Demba DIA un des leaders de la manifestation, au beau milieu de la marche, en plein rue, s’est hissé sur le capot d’un véhicule afin mieux brandir un gros talisman).

Le combat  Politique se mue alors à des vociférations de colère d’une bande de copains  pour sympathiser avec le fils de l’Ami, l’aîné du généreux donateur, le grand-frère de la Gazelle des rallyes du désert. On s’attaque à l’ingratitude de Macky SALL qui a osé emprisonner l’aîné de la famille WADE, une famille à qui il doit tout.

Galvanisés par ce succès inespéré- d’aucun évitait soigneusement les pronostics sur la mobilisation initiale- les leaders du parti, avec maître Ablaye WADE en tête depuis Versailles, maintiennent la pression et la clameur de la rue qui ne cessera qu’à l’obtention de la libération du « Frère Karim WADE » inculpé d’enrichissement illicite. 23 pour 23, A contre M,  le mois d’avril 2013 opposé à juin 2011 et voici que dans le symbolisme du MARDI du village de NDER en flammes on cherche à brouiller le jeudi de la reculade législative du Maître….Toutes les régions du pays sont mises à contribution de façon hebdomadaire afin de mieux porter l’écho jusqu’à la Haute Cours de Justice de la CDEAO. Une telle prouesse ne saurait prospérer ailleurs qu’au Sénégal.

L’agenda politique du PDS fait ainsi tomber  la liberté d’expression des droits civils et politiques, la liberté d’expression des principes démocratiques dans la caricature d’un appel au désordre social avec pour but avoué d’affaiblir et de discréditer  le pouvoir judicaire du Sénégal. Un procureur de la République n’est pas sous ordre parce qu’il appliquerait la politique pénale du Gouvernement. Qu’un juge applique la loi, tienne compte des circulaires, directives générales et des décrets ne peut signifier que la justice est inféodée à l’exécutif.

Karim gagnerait dans un procès équitable ou truqué à être tout de même jugé. Idrissa SECK, pour des motifs similaires, en son temps sous l’ère WADE, après des mois de prison et un procès  public, avait obtenu un non lieu total. Planifier  la non imputabilité de Karim WADE- citoyen ayant assumé des fonctions des plus stratégiques au Sénégal- va certainement  écorner davantage l’image du fils à Papa qui n’a jamais mouiller son maillot sur le terrain politique. Soumettre la Justice du pays à des pressions politiques et médiatiques afin que les magistrats ne puissent plus jouer leur rôle de gardiens des libertés individuels et publiques est une faute grave. Manœuvrer afin que le fils de l’ancien Président de la République passe pour un prisonnier politique et soit libéré sans jugement, c’est cautionner l’impunité pour tout délinquant économique et financier.   

D’ailleurs c’est pratiquement ceux qui ont le plus profité des largesses des WADE qui  se sont le plus manifestés à travers les médias  pour exhiber leurs certificats de sympathie à Karim.

Que le PDS arrive, au bout d’une marche, à pousser la foule à défoncer les grilles de la prison de Karim ne changera en rien son statut de présumé coupable de s’être enrichi de façon illicite. Seul le  jugement qu’on veut lui éviter permettra d’établir son innocence et donner au PDS un leader qui le sauvera  peut être de l’implosion politique…. Avec mes sentiments militants.

Oumar NDIAYE
Auteur: Oumar NDIAYESite web: http://www.nextafrique.com
Sans prétentions littéraires ou scientifiques avec l'acceptation inconditionnelle que ma liberté d'expression va de paire avec l'écoute et la lecture de ce qui me déplairait. Mon blog est mon divan freudien, mes savonnettes personnelles d'abord...


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