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Plaidoyer pour la conservation du patrimoine architectural en Afrique

  • Écrit par Xinhua
tombouctou

Les architectes africains et de la diaspora, réunis à Dakar dans le cadre du Festival mondial des Arts nègres, invitent à la sauvegarde de l'architecture traditionnelle africaine, source d'inspiration de modèle de construction durable et facteur de développement.

Selon ces architectes, le patrimoine architectural africain porte des valeurs qui justifient la nécessité de le conserver. Il s'agit par exemple, cite Rodrigue Kessou de l'école du patrimoine Africain, de valeur économique comme le tourisme qui fait de l' architecture traditionnel un facteur de développement.

« Nous n'aurons plus de touriste quand on aura fini de détruire notre architecture traditionnelle. C'est-là l'un des plus grands enjeux. Les touristes viennent en Afrique pour, par exemple, découvrir des lieux (villes, villages) traditionnels comme Toumbouctou au Mali etc et non pour le simple plaisir de voyager », déclare M. Kessou. Aimé Gonçalves, professeur à l'école d' architecture de Lomé, cite l'exemple de Gorée, ancienne maison des esclaves pour montrer le rôle incontournable du patrimoine architectural dans le développement du tourisme.

« Aujourd'hui, celui qui vient au Sénégal veut aller à l'île de Gorée et cela génère des fonds parce qu'on y va en tant que touriste. Cette île de Gorée s'inscrit ainsi dans une dynamique de développement du pays », explique-t-il.

Les architectes conseillent alors de sauvegarder le patrimoine traditionnel de manière à ce que la conservation rentre dans une dynamique de développement de la localité dans laquelle se trouve ces biens. Car, indique M. Kessou, « il ne sert à rien de conserver pour la forme, mais il faut conserver, mettre en valeur de manière à ce que cette mise en valeur génère une dynamique dans un processus de développement durable ».

Sur le plan culturel, l'architecture traditionnelle se présente, selon ces spécialistes, comme patrimoine auquel s' identifient des peuples. Parce que « derrière ses habitats traditionnel se cache parfois une organisation sociale ». C'est pourquoi, poursuit Aimé Gonçalves, « il faut conserver les patrimoines pour sauvegarder les valeurs, pour l'histoire et pour la transmission de cette histoire aux générations futures ».

L'architecture traditionnelle est la preuve qu'il existait une architecture en Afrique bien avant la colonisation. Et la diversité de cette architecture à beaucoup donné à l'architecture mondiale, souligne Marshall Purnell, premier Africain Américain président de l'institut américain d'architecture.

Selon lui les valeurs architecturales africaines sont sources d'inspiration de modèle de construction durables. Toutefois, la conservation des habitats traditionnels n'est pas chose facile. Et le plus grand problème de conservation de ce patrimoine reste, selon les spécialistes, la perception actuelle de l'architecture traditionnelle. «Pour beaucoup, l'architecture traditionnelle est une architecture de pauvre et, c'est ce qui explique la construction de nouveaux bâtiments publics ou privés. Or l' architecture moderne n'assure pas un certain confort », renseigne Rodrigue Kessou.

Citant une étude, l'architecte renseigne que ceux qui ont les moyens construisent mais conservent leurs habitats traditionnels parce qu'ils plus adaptées à leur milieu.

Autres défis de la conservation : la dénaturation (par exemple, l'aspiration des populations au service de base, besoin d' électricité, d'eau courante etc), la dégradation, l'abandon, la destruction liés au système de gestion et de propreté.



A propos de l'auteur
Xinhua
Xinhua, communément appelé Agence Chine nouvelle est la plus grande et la plus ancienne des deux agences de presse nationales chinoises.
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